Aucun outil ne permet de faire l’économie d’un travail sur soi.

À Terre de Vie nous considérons comme très important de prendre soin de l’énergie du groupe. Pour cela  il nous semble nécessaire d’introduire régulièrement dans nos cercles un temps pour gérer les tensions, voire les conflits. Chacun aura la responsabilité de s’exprimer à ce sujet et, comme on sait qu’il n’est pas à la portée de tous de s’exprimer, chacun observera les comportements de fuite, d’attaque ou de repli sur soi, qui sont des signes de malaise qu’il serait bien de décristalliser.

Pour cela nous utiliserons les outils des cercles de paroles et de la communication non violente. Nous pourrons faire appel à un médiateur neutre si cela s’avère nécessaire. Nos choix d’outils de gouvernance collaborative respectueuse des besoins individuels et de la communauté favoriseront la révélation des tensions latentes. Nous veillerons à ce que nos valeurs et intentions du projet soient connues et reconnues par tous.

Afin de nous aider dans notre évolution humaine, nous encourageons chaque personne à faire des petites formations régulières pour apprendre à utiliser les outils de CNV, de gouvernance participative etc., et à faire des stages de développement personnel dans la mesure de ses envies et de ses possibilités.

Nous attacherons de l’importance à la célébration en prenant des moments pour échanger sur tout ce qui va bien. Nous finirons ces rencontres par des moments de convivialité.

CHARTE RELATIONNELLE ET COMPORTEMENTALE
DES CERCLES DES COLIBRIS, VERSION LONGUE ADAPTÉE
pour le collectif Terre de Vie

Pourquoi ?

Nous avons décidé de mettre en place un cadre de travail pour les différents Cercles de gouvernance de Terre de Vie à travers une charte relationnelle et comportementale claire, adoptée par tous les membres entrants, afin de contribuer à créer une culture partagée au sein du projet. Elle a pour but de :

  • créer des repères partagés favorisant l’harmonie, l’humanité et l’efficacité du groupe.
  • développer la confiance et la sécurité de chacun des membres pour s’exprimer, être entendu et épanouir ses talents au service de Terre de Vie
  • soutenir le centrage de chacun et éviter les comportements réactifs défensifs au profit d’attitudes constructives
  • favoriser l’écoute et l’émergence de la sagesse du groupe, au service de la mission de Terre de Vie

 
Intentions, état d’esprit et valeurs

  • Bienveillance et affection : vouloir du bien pour soi et pour les autres.
  • Respect : respecter la parole de chacun comme étant sa vérité ; chacun veille à éviter les jugements, interprétations, suppositions, reproches et sous-entendus, au profit de l’expression de ses ressentis, de ses besoins et la formulation de demandes concrètes.
  • Souveraineté : chacun prend la responsabilité de ses paroles, de ses actes, de ses émotions et de ses réactions.
  • Engagement : chacun s’engage à assumer l’engagement décidé au départ et à en discuter s’il souhaite que la situation change.
  • Authenticité : oser dire, même avec ses mots (en parlant en « je »).
  • Équivalence : reconnaître la valeur et le pouvoir de chacun dans le cercle ; accorder autant de valeur aux points de vue minoritaires qu’aux points de vue majoritaires.
  • Principe de réalité : chacun accepte les contraintes liées au temps, au lieu et aux moyens matériels dont nous disposons ensemble.
  • Confidentialité : chacun s’engage à respecter la confidentialité des propos tenus par les membres du groupe, à parler de soi et non des autres. Les double-liens communiquent à leurs cercles respectifs les prises de décision, dont ils se sont rendus solidaires.
  • Joie : laisser de la place à l’humour (respectueux), à la légèreté et aux réjouissances.
  • Convivialité :
  • Ponctualité : la politesse des rois.

 

Règles du jeu dans les rencontres du cercle

 Règles comportementales :
  • Participation aux rencontres du cercle : chacun s’engage à être présent du début à la fin d’une rencontre de cercle. S’il est dans l’impossibilité de le faire, il ne participe pas au cercle.
  • Absences : un membre absent ne participe pas aux prises de décision mises à l’ordre du jour ; il ne valide pas le compte-rendu de la rencontre de cercle à laquelle il n’a pas participé. Il peut faire part de son avis sur les points à l’ordre du jour par le moyen de son choix. Il est de sa responsabilité de se tenir informé des décisions prises en son absence, en lisant les PV et/ou en consultant les autres membres. S’il ne peut pas vivre avec une décision, il peut remettre la question à l’ordre du jour de la prochaine rencontre de cercle.
  • Préparation de l’ordre du jour : chaque membre peut mettre une ou plusieurs propositions à l’ordre du jour. Il les inscrit dans l’espace de travail collaboratif prévu à cet effet ou l’envoie au secrétaire du cercle au plus tard 3 jours avant la séance. Celui-ci communique l’ordre du jour avec les propositions reçues à tous les participants au moins 48h à l’avance. Le PV de la séance est envoyé à tous (les absents également) dans les jours qui suivent la séance.
  • Retour et évaluation : chaque tour de clôture peut donner lieu à une évaluation de la rencontre si les membres en ressentent le besoin. Un temps de retours sur les cercles précédents est mis à l’ordre du jour sur demande d’un quelconque membre.  
  • Préparation de la rencontre :chacun a pris connaissance des points à l’ordre du jour et des propositions envoyées avant de venir à la rencontre du cercle.
  • Disponibilité : Pendant les séances éteindre son portable; arriver quelques minutes avant le début des séances.
  • Centrage et qualité de présence : les rencontres du cercle s’ouvrent par un moment de silence; des moments de centrages sont renouvelés avant les tours d’expression et d’objection lors des prises de décision, sur demande de l’un des membres.
  • Les décisions sont prises par consentement à partir de propositions concrètes et argumentées, formulées selon la trame type proposée; les propositions sont élaborées par les membres du cercle ou par des groupes de travail missionnées par le cercle. La possibilité de présenter des propositions permet l’expression des initiatives individuelles ou collectives, et leur formulation claire optimise le temps collectif.
  • Coresponsabilité et engagement : chacun est co-responsable des décisions prises par le cercle, de leurs conséquences et leur bonne mise en oeuvre. Des sous-responsables sont cependant nommés pour répartir la gestion des différents secteurs.
  • Respect des rythmes naturels : lorsque quelqu’un en ressent le besoin, il peut demander de bouger, une pause, ou un moment de silence.
  • Respect du cadre : chacun s’engage à respecter ce cadre posé par le cercle et à signaler au groupe lorsqu’il voit que celui-ci n’est pas respecté.
  • Régulation : pour réguler une situation conflictuelle ou qui empêche le bon fonctionnement de cercle, celui-ci peut choisir de la traiter en son sein avec l’accord des personnes concernées ou de créer un espace en dehors, avec ou sans tiers médiateur.

 

Principes de communication pour favoriser une écoute de qualité de soi-même, des autres et de la sagesse collective et transcender l’ego individuel :

  • Parler à tour de rôle, sans s’interrompre ; éviter les apartés.
  • Pratiquer le tour de parole pour :
    • l’ouverture de la rencontre et la formulation des dispositions et intentions
    • l’expression de chacun sur une proposition
    • la formulation des objections en phase de prise de décision
    • savoir où le groupe en est sur un sujet après un moment d’échange en mode « pop corn »
    • « calmer le jeu » quand le besoin s’en fait ressentir
    • l’évaluation éventuelle et la clôture de la rencontre
  • Parler au « Je », de son expérience directe, éviter de dire « on », les généralisations et les croyances.
  • Ecouter sans “réagir” : accueillir la parole de chacun par un bref silence.
  • Offrir sa parole « au centre », se poser la question de savoir si ce que je veux dire sert le groupe et lui permet d’avancer; prendre une longue respiration avant de parler peut aider.
  • Ne pas interpeller quelqu’un en particulier.
  • Tâcher d’être constructif et de proposer des solutions plutôt que de critiquer; si je n’y arrive pas, demander au groupe de m’aider à formuler.
  • Ne rien retirer ou nier de ce qui a été dit, ajouter, compléter.
  • Chacun veille à formuler sa pensée avec concision et en évitant de se répéter.    
  • Chacun peut demander un moment de silence à tout moment et dire après pourquoi (ex : rappeler le cadre, ralentir le rythme, inviter à la célébration…).  

  
Aspect physiques :

  • Privilégier des lieux de rencontre clairs et calmes, proche de la nature.
  • Se placer en cercle et en matérialiser le centre avec un objet.

Argumentation

 Cette charte est principalement élaborée par l’équipe des Colibris suite à la synthèse de 3 années d’expérience de rencontres du Cercle de pilotage et de la charte élaborée par l’Equipe opérationnelle.Formulée en mots simples, elle s’inspire de la vie et nous semble en cela respecter le principe de réalité.

La connaissance et l’application de ces règles par tous permet de respecter le cercle comme lieu de décisions stratégiques.

Cette charte sera communiquée à tout nouveau membre rejoignant un cercle facilitant ainsi son intégration.

Cette charte pourra être diffusée à l’extérieur à titre d’exemple..

Décision

 Toute décision qui irait à l’encontre de cette charte devra être prise par consentement.

Cette charte sert de support minimum à tous les cercles de la gouvernance.

Les membres de chaque cercle s’engagent à tendre vers le respect de cette charte lors de leurs réunions.

Ils peuvent la faire évoluer via leur coordinateur qui mettra le sujet à l’ODJ d’une rencontre de CP.

Date de l’adoption à Bex au Domaine Terre de Vie le 20 mars 2016

 

Principes d’intégration et d’exclusion des membres

Principes d’intégration des membres :

Voici les étapes  à suivre pour les personnes qui souhaitent s’engager dans la communauté sur le long terme ou y vivre en tant que résidant permanent :

1°-  Première prise de contact par mail avec les intéressés, brèves explications.

2°- Un rendez-vous est fixé sur le lieu de Terre de Vie. Il a pour objectif de faire un tour d’horizon de la mission du projet présentation des lieux, de l’organisation de la communauté, de la charte de l’équipe, des intentions et des bases fondamentales du projet, réponses aux questions.

3°- Les intéressés devront remplir individuellement leur raison d’être :

  • ce qui les motive
  • leurs valeurs essentielles (non négociable)
  • leur valeurs importantes, mais moins fondamentales
  • ce qu’ils attendent du projet
  • ce qu’ils veulent apporter au projet
  • une petite dissertation sur: à quoi ressemblera leur vie sur le lieu de Terre de Vie

4°- Si il n’y a pas d’incompatibilité on passe au point suivant, sinon un entretien est prévu afin de lever les points qui risquent de poser problème un jour.

5°- Si l’intérêt demeure après l’entretien, les personnes sont invitées à venir en tant que stagiaire, dans la mesure du possible, pendant idéalement un mois afin de se rendre compte concrètement de la philosophie et l’énergie du lieu, faire connaissance avec les membres déjà présents et participer activement aux différentes tâches qui permettent au lieu de vivre. Elles sont à ce stade dans une position d’observateur, même si elles participent activement à la vie du lieu. Elles n’ont pas encore de pouvoir décisionnel mais partagent ce temps pour s’imprégner des valeurs et objectifs de Terre de Vie. Les propositions de changement, d’évolution du système viendront plus tard.

6°- Si au bout d’un mois elles se sentent en cohérence avec la mission de Terre de Vie, elles sont invitées à participer à un cercle pour comprendre et vivre le fonctionnement et la gouvernance du lieu.

7°- Une fois toutes les étapes précédentes parcourues, l’accueil de ces personnes est mis à l’ordre du jour d’une séance de cercle où elles doivent être présentes. Il est alors discuté s’il elles sont acceptées ou pas. La décision sera prise…..

 

Sur demande des intéressés ou dans le cas éventuel d’un refus de la communauté, ils peuvent être invités à prolonger leur stage pour confirmer ou infirmer leur motivation.

 

La communauté accueille aussi des stagiaires, des wwoofers, des civilistes etc. qui n’ont pas la volonté de s’installer sur le long terme. Pour ces personnes, les deux premières étapes d’intégration sont les mêmes que pour les membres du collectif permanent. Si pour des questions géographiques elles ne peuvent pas se présenter sur le lieu, elles recevront les informations par mail et devront les valider.

 

Ensuite la durée du stage est décidée d’un commun accord avec la commission permanante concernée. Un minimum de deux semaines est demandé. Le stagiaire doit prendre connaissance de la charte et des règles de fonctionnement du lieu et s’engage à les respecter au même titre que les autres. Un contrat oral est mis en place entre le stagiaire et les pionniers quant à son engagement dans la vie de la communauté.

 

Principes de sortie ou d’exclusion des membres permanents

Si un membre permanent se rend compte qu’il n’est pas bien dans la communauté et que les outils disponibles pour la gestion des conflits et le respect des besoins de chacun n’ont pas pu l’aider, il peut choisir de s’en aller. Il doit alors proposer le sujet à l’ordre du jour de la prochaine séance de cercle.

Si cette personne est responsable de la gestion d’un secteur particulier, son poste doit être repourvu. Dans la mesure de ses possibilités, elle est invitée à rester le temps que la communauté puisse se réorganiser et répartir les tâches qui lui incombaient. Les membres permanents ne sont pas censés quitter le lieu du jour au lendemain mais bien passer par une séance de cercle pour annoncer leur départ.

Pour les stagiaires, comme ils n’ont pas accès au cercle, ils doivent s’approcher de la personne responsable de la commission en charge des engagements. Ils ne sont pas contraints d’attendre l’accord de tous les membres, c’est le responsable prénommé qui va transmettre l’info à la prochaine séance, sachant que le stagiaire sera peut-être déjà parti entretemps.

Pour les principes d’exclusion, la procédure est plus complexe. Il est évident que si la présence d’une personne commence à poser préjudice à la mission du projet, il va avant tout être organisé des cercles de paroles pour mettre à jour la tension. Il sera peut-être fait appel à un médiateur pour gérer le conflit. Si malgré ce temps donné pour faire évoluer la difficulté, la situation ne change pas, le sujet peut alors être proposé à une séance de cercle. C’est au sein de celle-ci que la question de l’exclusion sera abordée lorsqu’aucune autre issue n’est possible. L’exclusion doit être décidée par consentement de tous les membres permanents.

Une fois l’exclusion prononcée, la personne concernée n’est pas exclue du jour au lendemain. Il est possible que cette décision soit mal prise malgré tous les efforts pour que cela se passe en douceur. Dans ce cas la personne va peut-être quitter les lieux sans plus attendre. Dans le cas où la séparation se fait dans la douceur, la personne est invitée à rester le temps de trouver un autre lieu où aller vivre. Pendant cette période elle doit continuer à assumer les responsabilités qui lui incombaient jusque-là. Une période de 3 mois maximum est prévue pour préparer son départ. Au-delà de ce temps, il lui est demandé de quitter les lieux.

 

L’exclusion d’un stagiaire suit la même procédure à quelques détails près et tenant compte des règlements du contrat spécifique avec l’organisation qui l’envoie. La décision d’exclusion prise au cercle se fera sans sa présence. C’est la personne responsable de la commission en charge des engagements qui organisera une séance avec lui pour lui transmettre le verdict.

Toutefois, selon les situations et l’importance de l’engagement du stagiaire, il peut être invité à la fin d’une séance de cercle pour que la nouvelle lui soit présentée et discutée avec la présence de tous les membres.

Le délai de départ dépend également des situations, notamment si le stagiaire a un autre endroit où aller ou non.

 

Étant donné tous les outils disponibles dans la communauté pour gérer les conflits, les malaises etc., les personnes n’ont pas de droit de recours lorsqu’une décision d’exclusion est prononcée.

(En italique ce qui ne concerne que les stagiaires).